Vetements, the seed of youth

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Défilant au sex club gay Le Dépôt à Paris pour présenter sa collection automne-hiver 2015, Vetements est rapidement devenu la marque dont tout le monde parle. Finaliste de l’édition 2015 du LVMH Prize, le collectif incarne l’émergence d’une « youth culture » en France et d’un renouveau de la mode.

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By Aurore Hennion.
Photography
, Christophe Roué.
Styling, Pauline Moreira.

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En seulement un an, le style « Do it yourself » de Vetements a séduit l’ensemble de l’industrie de la mode, s’imposant avec un ADN qui se suffit à lui-même. En effet, pas de star, pas de logo, pas de thème : juste des vêtements. Derrière ce collectif international, une équipe mystère dont chacun des membres a étudié à l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers, et un fondateur effacé qui cherche avant tout à mettre en avant ses pièces plutôt que son joli minois. Les ressemblances avec Martin Margiela sont évidentes. Demna Gvasalia, le fondateur de Vetements, a d’ailleurs fait ses armes auprès du créateur belge pendant près de quatre ans. Avant que le label ne soit sélectionné au prix LVMH 2015, le nom de Demna n’est presque jamais cité. L’équipe préfère communiquer sur les prestigieuses marques où ont été formés les « forts profils créatifs et techniques » qui constituent le collectif (Maison Margiela, Louis Vuitton, Balenciaga, Céline…). « Il n’y a ni thème saisonnier, ni histoire mais une collection d’idées favorites. Il n’y a ni codes vestimentaires définis, ni total looks. Chaque pièce parle d’elle-même et peut être facilement mixer avec n’importe quelle autre pièce », explique Demna Gvasalia, le fondateur d’origine géorgienne. « Les pièces ont un sex-appeal caché exprimant un euphémisme plutôt qu’une déclaration ». Les bases sont posées, le collectif ne cherche pas à être dans les clous. Il veut faire des vêtements avant tout.

Cette volonté de rester dans l’ombre est révélatrice d’une certaine vision de la mode : il s’agit de réinventer les codes, repenser les basiques, les volumes et les proportions. Lors de son premier défilé pour le printemps-été 2015, le collectif dévoile des manches trop courtes, des pantalons trop longs, des crop tops en laine et des cuissardes en bottes de sept lieues. Les jeunes créateurs de Vetements font partie de cette génération qui veut sortir du cadre établi par les grandes maisons et autres institutions. Les créatifs effectueront d’ailleurs une rotation ce qui engendrera des collections légèrement différentes d’une saison à l’autre. Mais la magie ne tient pas seulement au mystère que la marque entretient depuis son lancement en 2014. Les silhouettes cool, sportswear et nonchalantes ont une forte personnalité et attirent les cool kids. Elles ont été conçues pour la vie de tous les jours, sans chichis, avec peu d’imprimés et principalement dans des couleurs monochromes. La collection printemps-été 2015 offre ainsi beaucoup de noir, de rouge et gris avec quelques touches de jaune et de bleu. Les pièces oversize, comme les chemises trop longues, côtoient des jupes très courtes et asymétriques. L’équipe de Vetements dessine pour les femmes « qui ne s’habillent pas pour séduire », mais bien celles qui veulent être uniques.

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Staging its latest show for Fall 2015 at Parisian gay sex club Le Dépôt, Vetements has quickly become the label everyone is talking about. Selected for the 2015 edition of the LVMH Prize, the very discreet collective embodies the youth culture that is starting to emerge in France.

Within a year, Vetements’ DIY style has appealed to the whole fashion industry, gaining success thanks to its DNA only: the team relies on no star, no logo, no theme but only its clothes. Behind this international collective hides a mystery team: each of its members studied at the Antwerp Royal Academy of Fine Arts, and the discreet founder is pushing forward the garment rather than his pretty face. Similarities with Martin Margiela are obvious. Demna Gvasalia, Vetements’ founder, gained experience working alongside the Belgian designer for 4 years. Before the brand was selected for the 2015 edition of the LVMH Prize, Demna’s name was rarely mentioned, as communication was focused on the prestigious brands (Maison Margiela, Louis Vuitton, Balenciaga, Céline, etc.) that have trained the « strong creative and technical profiles » of the collective. As explains the Georgian founder, « there is no seasonal theme, no history, no dress code or total look: it is simply a collection made of our favorite inspirations. Each piece of clothing is sufficient in itself and can easily be mixed with another one. [Our clothes] have a hidden sex-appeal that express more of a euphemism than a statement ». Foundations are laid, the collective does not wish to do things by the rules and just want to design clothes.

The choice of staying backstage reveals a certain vision of fashion. The collective wants to create new norms, rethink basics, volumes and proportions. During its first fashion show for Spring/Summer 2015, it revealed tops with sleeves that were too short, pants that were too long, woolen crop tops and thigh boots that looked like seven-league boots. Vetements’ young designers belong to a generation that needs to get out of a framework established by the biggest fashion houses and other institutions. The creative designers will shift so that each collection will be slightly different from one season to another. But its magic does not only lie in the mystery that the brand has maintained since its foundation in 2014. Cool kids are attracted by the strong identity of Vetements’ sportswear and casual looks: they were designed for everyday life, with no fuss, few prints and mostly monochrome colors. The Spring/Summer 2015 collection is mainly composed of black, red and grey, with some yellow and blue touches. Oversized pieces like long shirts are mixed with asymmetric and short skirts. Vetements’ team is designing clothes for women who « do not dress to seduce », but for those who want to be unique.

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