L’ennemi de la classe

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By Elsa Klughertz

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Dans une classe de lycéens, Robert Zupan vient remplacer le professeur principal. Les élèves se retrouvent aussitôt confrontés à un personnage austère et qui fait preuve d’une grande autorité. Ce professeur d’Allemand devient très vite l’Ennemi de la Classe et fait l’objet d’un mécontentement général. La tension monte et un jour, Sabina une jeune élève de la classe se suicide. Cet événement devient l’élément déclencheur d’une véritable rébellion des élèves contre ce professeur, et bientôt contre tout le corps enseignant du lycée.

Cette révolte d’élèves contre le système scolaire incarnée par un professeur plus sévère que les autres, est le miroir d’une insatisfaction plus générale d’une société qui encourage les gens à prendre n’importe quelle raison, devenant un réel motif afin d’engager une rébellion contre les normes établies.
Cette métaphore est relativement simpliste, et a déjà été explorée à travers le cinéma et bien d’autres médiums. Elle est néanmoins intelligemment illustrée par ce jeune réalisateur Slovène qui impose avec une grâce naturelle une mise en scène et un cinéma qui sait se démarquer.

La mise en scène est travaillée et donne une véritable existence aux moments d’absence en donnant la parole aux longs silences. La froideur et le minimalisme des plans font la richesse du film. Si le scénario nous impose des dialogues parfois complexes et trop denses – Rok Bicek laisse la place au cinéma. L’usage de la musique est également remarquable en ce que Rok arrive à rythmer son film et à diriger nos émotions à travers un seul et meme morceau de Chopin qui résonnera quatre fois et quatre fois différemment. Comme le cinéma de Haneke, le spectateur est pris à partie et reste durant cette heure et demi le témoin et l’observateur de ces intenses aveux.

Dans ce film le temps est long comme dans un hiver de deuil, il l’est d’autant plus dans un espace restreint délimité par les quatre murs du lycée, puis de la classe. Néanmoins ce temps long est supportable tant il y a de fortes pulsions de vie et il deviendra, à la fin du film un temps presque agréable et libérateur avec une scène onirique filmant la mer et l’immensité d’un espace dessinant la fin du deuil et la permission de renaître – ailleurs.

L’ennemi de la classe, en salles.
Découvrez notre interview de Rok Bicek dans le prochain numéro de L’Insolent #12

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A teacher is replaced by Robert Zupan in a high school class. The students soon find themselves faced with an austere character who shows great authority. This German professor quickly becomes the enemy of the class and the target of general discontent. The tension rises to the point that a young student called Sabina commits suicide in her class. This event triggers an intense rebellion against the teacher and soon against any faculty member of the school.

This students’ revolt against the school system embodied by a teacher stricter than the others is a reflection of a more general dissatisfaction of a society that encourages people to take any pretext that will in the end become a real motive, in order to initiate a rebellion against the established norms.
This metaphor is relatively simple and has already been explored through film and other mediums. Nevertheless, it is cleverly illustrated by this young Slovenian director who succeeds to impose a stage setting full of natural grace and a movie that stands out.

The staging is sophisticated and gives substance to the moments of absence by giving a voice to the long silences. The coldness and minimalist sequences contribute to the whole richness of the film. If the scenario imposes to the viewer complex and sometimes too much dense dialogues – Rok Bicek gives way to the cinema. The use of music is also remarkable in that Rok punctuates his film and directs our emotions through a same recurring musical piece by Chopin that resonates four times, each time differently. As the movie director Haneke, the viewer is engaged and remains the witness and observer of these intense confessions during one hour and a half.

In this film, the time is as long as a long mournful winter, especially considering the fact that the story takes place in a confined space strictly delimited by the four walls of the school and the classroom. However this long time is bearable with its strong impulses of life, and will eventually transform itself into an almost enjoyable and liberating one during the dreamlike sequence showing the sea and the vastness of space suggesting the end of mourning and the hope of rebirth – elsewhere.

Now in theatres.
Read our interview with director Rok Bicek in the upcoming issue of L’Insolent.

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